Le choix de l'emplacement conditionne presque tout le reste : le confort des poules, la facilité d'entretien et la tranquillité avec le voisinage. Avant de creuser le premier trou ou de poser le premier plot, il vaut mieux passer une journée à observer le jardin : où le soleil se lève, où l'eau stagne après une averse, quel côté reçoit le vent dominant. Ces quelques heures d'observation évitent des déplacements de poulailler, toujours pénibles une fois l'abri rempli de paille, de mangeoires et d'habitudes prises.
Une exposition qui alterne soleil et ombre
Les poules apprécient le soleil du matin, qui sèche la rosée sur le sol et les incite à sortir tôt du poulailler. Un emplacement orienté sud ou sud-est, avec l'entrée du poulailler qui ne fait pas face au vent principal, convient à la majorité des jardins en France. En revanche, un plein soleil toute la journée devient un problème dès que les températures dépassent 28 à 30 degrés : les poules supportent mal la chaleur, elles ont peu de glandes sudoripares et régulent leur température en haletant, ce qui les épuise vite.
Prévoir une zone d'ombre à proximité immédiate de l'abri, ou installer le poulailler sous un arbre à feuillage léger, permet aux poules de se mettre au frais aux heures chaudes sans quitter leur enclos. Une toile d'ombrage tendue au-dessus du parcours, ou un appentis adossé au poulailler, rend le même service si le jardin manque d'arbres.
Un sol qui draine, jamais un point bas
L'eau stagnante est l'ennemi numéro un d'un poulailler. Un sol qui reste détrempé plusieurs jours après la pluie transforme vite la litière en bourbier, favorise les moisissures et les parasites, et abîme le bois des parois basses. Avant de choisir l'emplacement, il faut repérer les points bas du terrain, là où l'eau de ruissellement se rassemble naturellement, et les éviter.
Un sol légèrement surélevé ou en pente douce, qui évacue l'eau loin de l'abri, est préférable à un terrain parfaitement plat. Si le jardin est argileux ou mal drainé dans son ensemble, une solution simple consiste à poser le poulailler sur des plots ou une dalle surélevée de quelques centimètres, et à étaler une couche de gravier ou de sable sous l'enclos pour accélérer l'infiltration.
Respecter les distances avec la clôture et le voisinage
Installer un poulailler en limite de propriété expose presque toujours à des désagréments avec le voisin : bruit du coq au lever du jour, odeurs en été, poules qui grattent près de la clôture. Même sans texte spécifique sur les poulaillers, le règlement local d'urbanisme ou le règlement de copropriété peut imposer une distance minimale par rapport à la limite séparative pour toute construction, y compris un abri de jardin ou un poulailler fixe : il est utile de vérifier ce point en mairie avant de couler des fondations.
Au-delà de l'aspect réglementaire, garder quelques mètres entre le poulailler et la clôture du voisin limite les nuisances sonores et olfactives, et évite que les poules ne soient une source de tension permanente. La déclaration de détention de volailles en mairie, obligatoire au-delà d'un certain nombre d'animaux selon les communes, est un point à vérifier au même moment.

